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51e Highland
St Valéry-en-Caux

 

 

Mars 2003
Mise à jour
Janvier 2005

 

 



 

Avant ...

1815  :   Lisieux voit  passer les troupes russes et prussiennes 
1870  :  quelques obus  tombent sur la ville ....
1914  :   le Monument aux Morts témoigne du nombre de Lexoviens qui ne sont pas revenus des champs de bataille. La ville, loin du front, n'a connu aucune destruction.
1944  :  cette fois, ce sont des tonnes de bombes et d'obus qui tombent sur Lisieux ...


Situation de la ville : Lisieux peut être appelée  "capitale" du Pays d'Auge. Elle s'étire en longueur au fond de la vallée de la Touques au confluent de cette rivière avec  l'Orbiquet et le Cirieux..

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Des  collines dominant Lisieux ( Mont Cassin , Point de Vue ...) un large panorama s'offre sur la ville.


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Riche architecture : une  abbaye,  églises (St Jacques, St Désir) , cathédrale St Pierre ;  maisons à colombages ( rue aux Fèvres, de la place Victor Hugo ....)

Commerce  prospère : magasins des rues Henry Chéron, Pont Mortain ... de la place Victor Hugo.
Des marchés animent la ville, celui du samedi sur la place Thiers,  le  marché aux bestiaux du vendredi, celui  aux chevaux, un autre au foin et à la paille ... aux cochons.
Industries et  fabriques : filatures, draperies, cidreries ... emploient beaucoup de monde.


1940 : l'exode, beaucoup de Lexoviens se sont jetés sur les routes puis sont revenus ... en même temps que l'occupant .

 17 juin, un mardi, les premiers Allemands arrivent à Lisieux : des motocyclistes et une auto-mitrailleuse.

Elève du collège, je les ai entendus défiler en chantant dans la rue Paul Banaston, bruits de bottes qui scandaient le pavé, je les ai vus  faire l'exercice dans une extrémité de la cour du collège alors que l'autre partie nous était réservée ...  Etonnante cette discipline dont font preuve les soldats allemands : gare à celui qui ne salue pas un officier ...   

Transfert de certaines classes vers l'ancienne caserne Chazot ...   distribution de chocolat vitaminé aux enfants ...  confection de colis pour les prisonniers. Le chauffage étant devenu rare , dans les classes on a réinstallé de vieux poêles en fonte ...

Puis ce sont les années d'occupation, les brimades, le rationnement, les restrictions, la répression. C'est le Colonel Von Eyle qui commande le détachement d'occupation de la ville. Couvre-feu est fixé à 21 heures...   armes de chasse  déposées à la mairie ... on se met à l'heure officielle ...  celle de  Berlin ! Dans les magasins, priorité aux "occupants" ... qui ,au demeurant, restent corrects.

La "Kommandantur" a son siège  Boulevard Ste Anne à l'hôtel de l'Espérance !!! 

Réquisitions d'immeubles  : la caserne Delaunay (cela va de soi), les écoles Jules ferry, Michelet, le collège Guizot , l'hôtel des Pèlerins (une D.C.A. sur le toit en terrasse.), le collège Frémont, la clinique des Buissonnets, une partie du collège Gambier. Rue Sainte Marie, un général réside dans une vaste demeure ... les soldats de passage nous regardent jouer aux billes sur un tas de sable ...

Les vitres des maisons ont été peintes en bleu, cela ne suffisait pas, il a fallu coller du papier noir pour qu'aucune lumière ne filtre. Malheur à ceux qui n'ont pas suffisamment rendu leurs fenêtres hermétiques, les patrouilles de nuit sont là pour les rappeler à l'ordre ... 

Interdiction d'écouter la radio anglaise mais .... on passe outre : bien que ce ne soit pas très audible. Là aussi, cela n'a pas suffi, il à fallu déposer les postes à la mairie.

Les Allemands installent des emplacements de mitrailleuses dans différents endroits de la ville : place Fournet, carrefour de la rue Henry Chéron et rue au Char, dans le mur de l'abbaye bénédictine rue de Caen ... Ils attendent ...

1943 : Débarquement en Afrique du Nord, capitulation de Stalingrad, la Sicile, chute de Mussolini ...

Tout le monde est dans l'attente du débarquement. Personne ne sait ni quand ni où il aura lieu. Tout le monde en parle ... pas trop fort . Jusqu'au jour où ....


 1944  :  Combien de personnes, surprises dans leur sommeil, vont laisser leur vie sous ce déluge de bombes. Aucune fuite  possible ... partout des ruines.

En une nuit, tout ce qui faisait la beauté de la ville  va disparaître; l'église St Désir réduite à un tas de pierre et de briques ; l'église St Jacques :  il faudra des années pour la reconstruire ; l'abbaye va brûler et avec elle les documents anciens qu'elle contenait ; la presque totalité des vieilles maisons à pans de bois seront la proie des flammes.

Documentation photographique et cartes postales : coll. personnelle.